Reseauliberte

Gros plan sur Haiti,la terre de Toussaint Louverture

L’Exécutif paiera cette folie de la formation, en violation de tout, d’un prétendu Conseil Electoral Permanent dans Politique Trouillot-300x199Quand les Haïtiens commenceront vraiment à protester, que lui restera-t-il comme option ? La corruption ? Il n’y a pas dans ce pays 10 millions de corrompus. La répression ?

Le représentant de l’Union Européenne en Haïti s’en va. Haut fonctionnaire de l’aide, il va poursuivre sa carrière ailleurs. En partant, comme cadeau de départ, il conseille au Président de la République de faire fi de tous les obstacles institutionnels et objectifs à la création dans l’immédiat d’un Conseil Electoral Permanent. Le Président de la République obéit.

Les conseils des riches sont des ordres. Et voilà créé par arrêté présidentiel un Conseil Electoral Permanent dans lequel aucun citoyen haïtien n’a confiance mis à part l’exécutif et les quelques chercheurs d’emploi qui ont accepté d’en faire partie. Une chose bancale, vacillante à sa naissance, qui donnera lieu à des contestations qui ne feront qu’augmenter avec le temps.

Le représentant de l’Union Européenne s’en fout. Il ne sera pas là, et quand les Haïtiens manifesteront leur désaccord, son successeur se contentera de dire : ils ne savent pas se diriger. Car, avec ce Conseil Permanent issu de la viscosité d’un Président de la Cour de Cassation, de la cooptation de certains parlementaires, de l’avilissement et de l’ébranlement de deux pouvoirs de l’Etat, c’est la permanence de la crise institutionnelle qui s’installe. On est déjà passé par là. Cela s’est mal terminé pour un pouvoir qui avait voulu mépriser le point de vue des Haïtiens.

Mais le représentant de l’Union Européenne n’est pas payé pour connaître l’histoire d’Haïti, ni celle qui fonde ce pays, ni celle de ces dernières années. Pour lui (de telles attitudes ont des noms), les Haïtiens sont sans doute des abrutis qui vont se soumettre à la création d’une institution qui, ainsi formée, n’a d’institutionnel que le nom. Monsieur le représentant de l’Union Européenne croit-il donc que les formations politiques haïtiennes, les parlementaires ayant le sens de la dignité, les Barreaux haïtiens, les associations syndicales, les intellectuels, les universitaires, le simple citoyen qui pressentent le piège, vont tous, comme des moutons, souhaiter la bienvenue à son Conseil Electoral Permanent !

Monsieur le représentant de l’Union Européenne a cautionné, encouragé l’arbitraire de l’éxécutif. Un éxécutif qui croit peut-être qu’avec la corruption, en distribuant ça et là des miettes des deniers publics, ou avec la création de brigades roses à vocation répressive, ou avec l’aide de l’International, il peut tout faire et se foutre de la volonté générale, piétiner les institutions. Un exécutif qui s’installe dans un néo-jeanclaudisme ultradroitier, affairiste et peu soucieux de la démocratie. Le problème avec les néo, c’est qu’ils font rarement mieux que les originaux et que leur odeur les précède.

Cet exécutif paiera cette folie de la formation en violation de tout d’un prétendu Conseil Electoral Permanent. Quand les Haïtiens commenceront vraiment à protester, que lui restera-t-il comme option ? La corruption ? Il n’y a pas dans ce pays 10 millions de corrompus. La répression ?

C’est vrai que les réflexes néo-jeanclaudistes de ce pouvoir lui font oublier qu’il y a eu le 7 février 1986, mais le 7 février 86 a bien eu lieu, et si l’exécutif s’entête dans sa dérive autoritaire, il devra s’enfoncer dedans plus encore chaque jour, il en viendra à vouloir museler, tuer peut-être, et là, le représentant de l’Union Européenne, le nouveau, l’actuel sera en train de gagner ses sous ailleurs, ne pourra rien pour lui, alors que « l’International » aura contribué à l’entraîner dans sa dérive.

Le consortium politico-économique multinational qui dirige Haïti vient d’installer le pays dans une crise institutionnelle permanente. Le prix à payer ne sera que pour les Haïtiens.

Lyonel TROUILLOT, écrivain

Message à la Jeunesse d'Haïti à l'Occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse de Me Jean-Henry Céant dans Alerte CeantLa date du 12 Août est jour commémoratif de la Jeunesse à l’échelle internationale, et ce m’est un grand privilège,  à cette occasion, d’engager le dialogue avec vous,  jeunes, filles et garçons de mon pays, d’autant que cette journée me remet à l’esprit  l’exclamation d’André Gide :  »Ah! La jeunesse, l’homme ne la possède qu’un temps et le reste du temps la rappelle ».  Mes paroles, d’entrée de jeu, je l’affirme, seront des paroles de vérité, loin, très loin, des constats et vœux de circonstances qui s’égrènent au fil des années ou des décennies, et qu’emporte le vent des rhétoriques officielles, nationales et internationales.

 Jeunes, filles et garçons de mon pays, savez-vous que l’Assemblée Générale des Nations Unies a célébré en 2005 le dixième (10ème) anniversaire du Programme d’Action Mondiale de la Jeunesse (PAMJ)? Avez-vous entendu parler des Objectifs du Millénaire pour le développement des jeunes? Etes-vous au courant des cinq nouveaux thèmes identifiés et ajoutés aux priorités du Programme d’Action Mondiale de la Jeunesse pour la décennie à venir?

 Bref, jeunes de mon pays, savez-vous que depuis 1979 a été créé, en Haïti, le « Commissariat à la Jeunesse et au Sport » qui se transformera en Ministère de la Jeunesse et des Sports » devenu par la suite « Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique ».  Qu’a-t-il réalisé de significatif, pour qui, comment et avec qui?  En fait, encadre-t-il la jeunesse de notre pays?  A-t-il une loi organique?

 Les réponses sont connues, que charrie l’écho des sollicitudes présidentielles ou l’incertitude d’actions conjoncturelles ou sporadiques, le plus souvent non inscrites dans un plan global.

 Oui, les réponses sont connues et disent des faits, des habitudes relevant du dicton «pito nou lèd nou la», en contradiction avec l’idéal de grandeur qui a inspiré nos Ancêtres et inscrit Haïti dans le concert des nations.

 Aussi, je vous parlerai vérité, et je dirai qu’il serait bien difficile de trouver un lieu où être jeune serait une malédiction quand ce ne serait pas un crime, comme en Haïti. Certes, il n’en a pas toujours été ainsi, bien des plus de 50 ou de 60 ans prennent plaisir à évoquer les joies du passé…  Oui, bien que les premières pages du roman posthume et célèbre de Jacques Roumain débute avec les lamentations de Délira : «Nous mourrons tous», et que le jeune Manuel, son fils bien aimé, ait été forcé d’émigrer à Cuba, pour chercher une vie meilleure dans la ZAFRA.

Tandis que jeunesse et futur doivent se conjuguer pour ouvrir la voie au développement, ici en Haïti, malheureusement, force est de reconnaître que lorsqu’il est question du statut de notre Jeunesse, de ses conditions de vie, passé et présent se donnent la main pour obstruer les voies de l’avenir. C’est là l’une des situations qui confortent  Haïti dans son statut de seul PMA (Pays moins avancé) de l’Amérique, dans sa définition d’État failli, incapable de satisfaire les multiples besoins primaires des différentes composantes de sa population, dont les jeunes en particulier.

 Considérons un peu l’état des lieux.

 Selon les critères des Nations Unies, la Jeunesse englobe la tranche d’âge située entre 15 et 24 années.  En Haïti, la tranche d’âge proposée par le Ministère de la Jeunesse est de 15 à 34 ans. Il y a là matière à questionnement.

 Pour le moment, retenons que cette catégorie sociale représente près de 58% de la population haïtienne, soit la majorité statistique prise dans les mailles de l’exclusion, fléau caractéristique des modalités de rapports sociaux qui prennent un relief de tragédie dans un pays historiquement en crise.  Haïti est confronté aujourd’hui au défi d’un monde et d’un environnement en situation de redéfinition.

 D’abord, il faut noter que la Jeunesse haïtienne est composite et que nos jeunes vivent dans des réalités, des traditions, des environnements différents, selon qu’ils évoluent dans la capitale ou les villes de province, en milieu urbain ou rural, dans un bidonville ou un quartier résidentiel décent. Et sans aucun doute, ils alimentent les statistiques de 1995 inscrites dans le Programme d’Action Mondiale de la Jeunesse des Nations Unies avec DEUX CENTS MILLIONS (200,000,000) de jeunes vivant dans la pauvreté, CENT TRENTE MILLIONS (130,000,000) de jeunes analphabètes, QUATRE-VINGT-HUIT MILLIONS (88,000,000) de jeunes sans emploi et DIX MILLIONS (10,000,000) de jeunes atteints du « VIH SIDA ».  Quand on y aura ajouté les quelques millions concernés en tant que victimes ou partenaires de la délinquance, des pratiques de la drogue, de la violence etc.., on achèvera d’avoir un tableau des sombres réalités des jeunes dans le monde d’aujourd’hui.

 En ce qui concerne précisément  notre Jeunesse, ses besoins, à tous les niveaux, eu égard à l’éducation, l’emploi, l’environnement, la sécurité, le logement, etc. sont carrément ignorés.  La jeunesse n’est pas que Sport et Loisirs, et là encore!

 L’offre scolaire, de façon générale, est limitée, et les carences frappent particulièrement les jeunes des milieux ruraux. Il

en est de même lorsque l’on considère la qualification des professeurs, la qualité de l’éducation dispensée en milieux scolaires fréquentés par les jeunes évoluant dans un environnement marqué par la pauvreté et la délinquance. Quant aux carences de l’emploi, des soins de santé, du logement, elles n’ont fait qu’empirer, de même que celles de la sécurité, particulièrement dans le climat postérieur au séisme du 12 Janvier 2010 qui a entraîné des effets catastrophiques tant sur les plans physique qu’humain.

 Là ne s’arrête pas la tragédie de nos jeunes. La vérité, toute la vérité doit être dite. Le voile doit être levé pour montrer, dans toute sa monstruosité et ses effets négatifs, la stigmatisation, fille de l’exclusion, qui frappe de plein fouet la jeunesse haïtienne non seulement dans l’éducation, mais également dans la justice où ils sont préjugés coupables; dans le travail où déjà ils n’ont pas accès, ils sont suspectés  de turbulence; dans la famille où certains subissent la loi de traditions post coloniales et sont ainsi soit privilégiés, récusés ou rejetés; dans la politique où certains ont des droits auxquels d’autres ne sauraient aspirer; dans l’économie, dans l’Etat où une étrange ségrégation qui n’ose pas dire son nom bloque la mobilité sociale et fixe les jeunes dans l’errance et l’incertitude des jours ce, malgré souventes fois des qualifications certaines. Et enfin, il y a des jeunes issus de milieux aisés et ceux de milieux pauvres,  jeunes des villes et jeunes du « pays en dehors », jeunes instruits et jeunes analphabètes; ceux jugés  « moun », acceptables en tout lieu et saison, et d’autres frappés d’interdits qui ne sont pas « moun »…  Tous les jeunes du Pays, sans exclusive ni discrimination, doivent bénéficier des mêmes opportunités.

Quand on sait que la Jeunesse est l’avenir d’un pays, quand on sait que la jeunesse représente plus de 58% de la population haïtienne, l’on ne peut se limiter à cerner et à mettre en relief les contours d’une situation aussi désastreuse. Quels que soient le poids du passé et les stigmates du présent, il appartient aux hommes et femmes de progrès  d’œuvrer pour créer des conditions de vie différentes où nos jeunes se plairont à évoluer, dans la plénitude de droits et de devoirs à exercer et à accomplir, dans la plénitude de la vie, tout court.

 Pour cela, et dans le contexte précis d’Haïti, compte tenu de son histoire, de ses traditions, il s’impose à nous d’opérer un choix fondamental qui implique une véritable redéfinition de notre attitude face à la jeunesse, et entraîne la mise en place d’un cadre de dialogue initié à partir d’un projet centré non seulement sur une véritable prise en charge de la jeunesse (sans démagogie ni saupoudrage) mais aussi et surtout l’intégration et la préparation de nos jeunes, appelés désormais à remplir leur rôle comme poto-mitan de nos entreprises scientifiques, économiques et sociales, porteuses des nécessaires changements à opérer.

 En somme, il s’agit de donner sa chance à chaque jeune haïtien, fille ou garçon, de lui faire confiance, de lui ouvrir toutes grandes les portes de l’éducation à tous les niveaux,  de le supporter dans sa marche vers l’apprentissage et la maîtrise des technologies de pointe, de même que celles relatives à l’agriculture, à l’agro-industrie, au tourisme, à l’éco-tourisme, à l’industrie, à l’informatique, au commerce, à l’entrepreneuriat.

 L’ère du soupçon, voire de l’indifférence ou du mépris, doit céder la place à celle de l’engagement, de la confiance et de l’accompagnement, expressions d’une volonté commune, en accord avec l’esprit et la lettre des prescrits démocratiques de notre Constitution.

 Engagement des jeunes, d’abord à se former, à préparer leur avenir, dans le respect des normes, des valeurs morales,  d’efforts dans le travail, qui se sont imposés à tous les êtres de bonne foi, normes et valeurs qui ont servi d’étais aux élites dirigeantes d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique, quand il a fallu opérer les nécessaires réorientations destinées à changer la vie d’un peuple à un moment décisif de son histoire.

 Confiance qui servira de socle aux élans de la jeunesse haïtienne qui doit réapprendre à croire en lui-même, en son

destin et en celui de son Pays. Confiance qui doit motiver nos jeunes à se battre pour l’intégration de tous les Haïtiens dans notre quête de concertation, de dialogue et d’entente pour la réaffirmation des Idéaux de nos Preux et Vaillants de 1804 qui ont donné au concept de liberté sa signification multi- dimensionnelle. Confiance qui fera luire les rayons d’espoir, espoir construit dans la détermination des jeunes pour un vrai changement: le changement pour toutes les catégories sociales.

 Encadrement des jeunes par les aînés, tâche qui exige une synergie alliant la vigueur de la jeunesse à  l’expérience des adultes.  Ce moment, il est là.  Moment de concertation, de « têtes ensemble » où,  jeunes filles et garçons d’Haïti, conscients de l’ampleur des tâches à accomplir et animés du plus grand amour pour le pays, accèdent au timon des affaires…

 Aussi, faut-il initier nos jeunes au commandement, aux prises de décisions collectives, les familiariser avec l’utilisation des technologies de l’information et de la communication, les intégrer à des expériences de bénévolat et de service civique, tout en donnant de la visibilité aux réalisations faites et aux modèles d’excellence.

 Bref, il s’agit de valoriser et de développer les éléments constitutifs d’une culture d’implication sociale  qui nous permettra,  par nous-mêmes et avec l’aide d’autres, et surtout les Vrais Amis d’Haïti, de réaliser positivement les tâches historiques non accomplies au cours de notre évolution de peuple.

C’est là que l’investissement dans la Jeunesse  aura son sens et toute sa justification. Faire de la jeunesse le présent, non plus le représentant d’une certaine « relève » qui tarde trop souvent à s’affirmer, faute d’encadrement. C’est Jean Paul II qui disait le 7 Avril 1985 : « Une mission difficile mais en même temps passionnante attend la jeunesse: Transformer les mécanismes fondamentaux qui provoquent égoïsme et oppression dans les relations entre Nations et créer de nouvelles structures s’orientant vers la vérité, la solidarité et la paix ». A cela s’ajoute l’affirmation non moins profonde d’Alfred de Vigny « Une grande vie est une pensée de la jeunesse exécutée par l’âge mûr ».

 Pour « Construire un monde meilleur en association avec les jeunes », la jeunesse haïtienne doit être prête car elle est une force. Qu’elle soit, dans l’immédiat et dans l’urgence, mise à la construction du développement, de la Paix et de la Démocratie pour notre Pays épuisé d’attendre.

 Je veux également dire qu’assurer les conditions de vie – santé, éducation, alimentation, logement, sécurité, loisirs, – adéquates à l’épanouissement de la jeunesse, c’est, fondamentalement, contribuer à mettre un terme à cette triste et absurde réalité d’Haïti conçue et vécue par ses fils comme une terre de passage, un lieu d’exode pour les paysans, un lieu d’émigration pour les urbains.

 Il est temps de tourner nos regards vers l’intérieur. « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie », chantait le grand poète romantique français, Alfred de Musset.  Le parodiant, disons que la jeunesse est le cœur d’Haïti, la jeunesse est le génie de la nation.  En dehors d’elle, aucun avenir n’est possible. La condition sine qua non au progrès d’Haïti, c’est en priorité, l’investissement dans sa jeunesse.

 C’est pourquoi, je plaide pour la mise en place des fondations d’une Décentralisation qui, ayant pour points de départ, l’éducation, la responsabilisation, l’encadrement, les transferts de compétences, de savoir et de savoir-faire, l’emploi et l’autonomie des jeunes, réconciliera la nation avec elle-même, écartant a jamais le spectre de l’exclusion qui appauvrit, divise et entretient haines et conflits.

 Jeunes, on doit cesser de faire de vous, ces enfants de paysans, d’ouvriers et de bidonvilles qui n’ont pas eu d’enfance!

 Jeunes, on doit cesser de faire de vous, ces chômeurs stigmatisés par les carences éducatives, économiques, sociales et environnementales!

Jeunes de mon Pays, vous êtes l’avenir d’Haïti, vous êtes le poumon de la vie nationale, vous êtes la dernière chance de ce coin de terre!

 Impliquez-vous!  Réclamez ce à quoi vous avez droit: encadrement, opportunités et égards afin d’être prêts pour la prise en mains des destinées de notre pays en collaboration honnête et sincère avec toutes les autres générations.

 Il nous reste encore ce choix aux allures de Révolution. Mais !!! Ce sera une Révolution pacifique, ayant pour seule arme l’éducation et pour seul horizon: l’inclusion, dans l’ordre et la paix, l’entente entre tous les citoyens, tous anoblis, jeunes parmi les jeunes, sur la foi de la solidarité intergénérationnelle, fondée et entretenue. Voilà mon rêve pour la Jeunesse de mon Pays qui élèvera les remparts d’une nouvelle Haïti, solidement édifiée dans nos cœurs et nos têtes.

 Port-au-Prince, le 12 août 2012.

 Me Jean- Henry Céant

18
août 2012
Posté dans Politique par reseauliberte à 9:59 | Pas de réponses »

Edito:Je nomine, tu nomines... dans Politique DuvalllÀ force de nommer sans y faire trop attention, le gouvernement Martelly-Lamothe a dû revenir sur des décisions prises. Bill Clinton aura un nouvel homologue. En moins de trois jours, l’exécutif a dû remplacer un coprésident fraîchement désigné au Conseil consultatif présidentiel pour le développement économique et l’investissement.

Pire, l’arrêté du premier n’a jamais été publié, mais existe bel et bien. Signé et plié. « Un arrêté chasse un autre », confirme une source haut placée de la présidence, qui parle « de gros grain de sable dans la machine » pour qualifier ce couac.

Dans un autre cas, le directeur général de la Caisse d’assistance sociale, lui, a eu le temps d’être installé avant que le gouvernement ne fasse machine arrière toute.

Pour le moment, personne n’est encore nommé à la tête de la CAS, structure d’assistance du ministère des Affaires sociales. Le communiqué officiel annonçant le retrait du dernier installé n’a désigné aucun nouveau directeur général. Cela en fera le troisième depuis que Michel Martelly est président de la République.

Le directeur du Centre de facilitation des investissements, choisi cette semaine, sera lui aussi le troisième en quinze mois de cet organisme duquel le gouvernement Martelly Lamothe attend des miracles.

Même scénario pour certains ministères clés comme celui de l’Éducation nationale. Entre le dernier ministre de René Préval et celui en poste aujourd’hui, en moins d’un an, le secteur a été piloté par un super conseiller qui n’a pas eu le temps d’être ministre, par un ministre débarqué par SMS, et, depuis peu, par un directeur général qui vient de passer un mois en poste avant d’accéder au rang de ministre.

Pas étonnant que pour ses deux rentrées des classes, le gouvernement Martelly-Lamothe ait décidé de demander un sursis au profit des parents et d’allonger les vacances des élèves. Rien ne peut être prêt à temps dans de telles conditions d’instabilité au ministère de l’Éducation nationale.

Ministres sans ministère, directeur général adjoint sans bureau ni affectation, conseillers, membres de cabinet, salaires, frais, consultations, cortèges, per diem, privilèges et titres sont plus faciles à distribuer que ne l’est la récolte des résultats.

L’impatience gronde. Plus dans le rang des maîtres du gouvernement qu’au sein de la population qui lit bien que l’impréparation et la précipitation sont naturelles et excusables.

Je nomine, tu nomines, ils nominent… à la recherche de la bonne formule au risque d’étourdir le frêle esquif de l’État et d’anéantir, une à une, les ambitions des embarqués des premiers jours déjà renvoyés à leur rêve de longue carrière toute sirène hurlante.

Frantz Duval
18
août 2012
Haiti-PNH:Au revoir Andrésol, Aurélus aux commandes dans Politique photointerieure_godson-300x196Après environ six ans à la tête de la police nationale, Mario Andrésol cède sa place samedi à Godson Aurélus. C’est le choix du président de la République en attendant la ratification ou non par le Sénat de l’actuel directeur central de la police judiciaire (DCPJ) comme directeur général.

Un long parcours dans la police nationale. 15 ans de carrière dans une institution vielle de 17 ans. Godson Aurélus connait très bien le métier de policier. Au cours du conseil des ministres tenu mercredi dernier, le chef de l’Etat l’avait officiellement nommé directeur général a.i de la PNH en attendant sa ratification par le Sénat. Le mandat de Mario Andrésol étant arrivé à terme, M. Aurélus prend la direction de l’institution policière.

Arrivé à la PNH en 1997 avec le grade de commissaire, Godson Aurélus a été muté et promis à plusieurs postes importants. Il a travaillé tour à tour à l’inspection générale, à la direction générale, a été responsable des départements du Sud, du Sud-est, de l’Artibonite et du Nord. En juin 2011, après le départ du commissaire divisionnaire Frantz Thermilus à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), M. Aurélus a occupé ce poste jusqu’à  vendredi.

Malgré son long parcours et ses expériences au sein de l’institution policière, le successeur de Mario Andrésol n’est pas trop connu. « Je ne peux rien dire sur lui pour le moment. Nous ne disposons pas trop d’informations sur Godson Aurélus », a laconiquement lâché au Nouvelliste, un responsable d’une organisation de défense des droits humains.

C’est pratiquement la même réponse de la part de plusieurs personnalités interrogées par le journal. « Je ne le connais pas.  Je n’ai jamais travaillé avec lui », a lancé le colonel Himmler Rébu joint au téléphone depuis l’étranger. Même des parlementaires ne disposent pas trop d’informations sur le nouveau chef a.i de la PNH qui détient, entre autres, une licence en administration et en sciences comptables.

Né en 1968 aux Gonaïves, Godson Aurélus prend officiellement les reines de la PNH samedi en attendant sa ratification par le Sénat. En annonçant la nomination du nouveau directeur général a.i de la police nationale le 15 août en cours, le président Michel Martelly a formulé le vœu de voir Mario Andrésol rester toujours au service du pays.

Les relations entre le directeur général sortant de la PNH et le président Martelly s’étaient considérablement  dégradées au cours des mois de février et mars. Les autorités avaient même demandé à M. Andrésol de démissionner. Ce que ce dernier avait catégoriquement refusé.

Cependant, les deux hommes se sont beaucoup rapprochés ces derniers mois. Martelly et Andrésol se sont rendus en Equateur en juillet dernier pour solliciter le soutien de Rafael Corea Delgado  dans la formation d’une force armée en Haïti.

Pendant les deux mandats de six ans de Mario Andrésol à la tête de l’institution policière, des organisations de défense des droits humains ont reconnu que la PNH n’était pas politisée. Ces organisations disent espérer que Godson Aurélus suivra les traces de son prédécesseur.

Robenson Geffrard

Haïti-Ressources minières : Sans un Etat responsable, la débâcle annoncée ? dans Alerte orLa situation en Haïti ne peut que s’aggraver si l’exploitation minière ne repose pas sur un Etat responsable, capable de se placer en position de force face aux compagnies et également assez intègre pour user des bénéfices à bon escient.

C’est la réaction de Keith Slack, directeur du programme sur les industries extractives à Oxfam Amérique dans un article publié sur le blog d’Oxfam le 25 juillet 2012.

Tout en remettant en question la signification pour un pays d’avoir des ressources minières, Slack se demande s’il s’agit réellement d’un privilège pour Haïti d’avoir dans son sous-sol de l’or, de l’argent et du cuivre.

Il suggère de poser des conditions préliminaires à la venue des compagnies minières afin de garantir que les ressources seront réinvesties dans la société.

Il s’agit d’abord de renforcer la capacité du gouvernement afin qu’il soit en mesure de négocier de façon juste ce qui revient à Haiti de la part des compagnies.

Afin de ne pas léser la société civile, l’Etat doit absolument adopter des mesures de transparence soit en publiant directement les contrats passés avec les compagnies, soit en acceptant un contrôle de la part d’un comité neutre.

Un parcours à l’envers

Engranger des richesses ne suffit pas. L’exploitation des sous-sols ne peut devenir un gain pour toute la société que si des plans de dépenses sont préalablement arrêtés. Il s’agirait d’investir cet argent sur des secteurs clefs : le développement d’une industrie diversifiée, qui trouverait des débouchés aux Etats-Unis, l’agriculture et les programmes de protection sociale.

Ce qui se passe pourtant, c’est que le parcours s’effectue à l’envers. On recherche la richesse avant d’en prendre la responsabilité. Cette année, à la suite de prospections effectuées par des compagnies minières, des gisements d’or, d’argent et de cuivre ont été mis à jour. Ces ressources pourraient représenter 20 milliards de dollars américains (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 58.00 gourdes aujourd’hui).

Le premier ministre Laurent Lamothe a alors affirmé sa volonté d’exploiter les ressources souterraines du pays. En mai 2012, l’idée d’une nouvelle loi portant sur l’extraction des matières premières a émergé. Les compagnies minières Newmont et Eurasian auraient déjà passé un accord avec le gouvernement haïtien.

Le processus est très rapide et rien ne laisse penser que l’Etat est prêt à responsabiliser ses décisions. Déjà, les compagnies minières sont pressantes et devancent les démarches légales.

Mémé : le premier pas ?

De juteuses perspectives s’ouvrent pour ces transnationales minières en Haïti à l’heure où le gouvernement haïtien a annoncé la réouverture prochaine de la mine de cuivre, d’or et d’argent de Mémé (16 km au nord-ouest des Gonaïves).

La mine de Mémé a été exploitée entre 1960 et 1972 par la Société d’exploitation et de développement des ressources naturelles (Sedren). 1,5 millions de tonnes minerais de cuivre et d’or ont été extraits durant cette période, selon la compagnie qui parle d’un gisement de 3,5 millions de tonnes.

Les minerais extraits ont alors profité aux industries de l’Amérique du Nord. En face des anciens mineurs et des habitants de la zone évoquent des souvenirs amers.

Des mineurs se souviennent…

Interrogé par AlterPresse, Sauveur Du Chatelier, un ancien mineur a fait savoir que travailler dans un tunnel pour tirer les minerais était l’expérience la plus difficile et risquée qu’une personne pouvait effectuer.

« C’était un travail risqué parce que dans le tunnel situé à 1750 pieds de profondeur, un mineur de fond qui n’a que son casque muni d’un flash qui lui permet de voir la lumière pour drealer les mines était exposé à tout », a déclaré Du Chatelier, qui dit se rappeler avoir perdu des camarades dans des accidents.

Il ajoute que lorsqu’il n’y avait pas de mort enregistré dans les tunnels, les patrons de la Sedren organisaient une fête en guise de « célébration de la vie ».

A coté de ces risques, les mineurs ont travaillé pour un modique salaire qui se situait entre cent à deux cent cinquante gourdes, précise Sauveur Du Chatelier.

Pour sa part, Joseph Aloisy Saint-Louis qui a travaillé dans la mine comme assistant forman général (mineur de surface) a rapporté que tous les mois, à chaque paiement, près de 80 macoutes (membres de la milice de la dictature de Duvalier) qui n’avaient rien à voir avec la Sedren débarquaient de Port-au-Prince pour réclamer leur part à la compagnie.

Les grands bénéficiaires de l’exploitation des gisements du sous-sol de Mémé étaient le régime en place et bien sûr la compagnie qui tous deux n’ont pas songé à améliorer la petite localité, encore moins les conditions de vie de ses habitants.

D’autres anciens mineurs de fond, comme Marc Jeannithon et Jean Bar Delva, âgés respectivement de 76 et 78 ans, ont exprimé leur joie par rapport à l’annonce faite par les autorités sur la possibilité d’ouvrir à nouveau la mine de cuivre de Mémé à bassin Magnan.

Ces anciens mineurs disent toutefois espérer que la nouvelle compagnie exploitante prendra en charge la dette de 36 mois d’arriérés de salaires laissés par l’ancienne compagnie First City qui a tenté vainement de rouvrir la mine en 1982, en faisant travailler les anciens mineurs qui n’ont pas été payés pendant 3 ans.

12345...11

LE BLOG "FORCE OUEST G... |
Mouvementregionalistehumaniste |
Socialisme ou Barbarie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blog de la Ferc-Sup CGT ...
| Debat Politique Algerienne
| Mohamed Boye