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Gros plan sur Haiti,la terre de Toussaint Louverture

Archive pour la catégorie 'Culture'




13 juin, 2012
Culture | Pas de réponses »

 dans Culture haiti-pray-300x192Il faut admettre que cela rapporte. Il suffit d’observer le train de vie des pasteurs évangéliques pour s’en persuader. Ils roulent en grosse caisse luxueuse, habitent les beaux quartiers, et envoient leurs enfants faire des études à l’étranger afin de s’assurer de la pérennité de l’entreprise familiale. Certains d’entre eux n’ont absolument aucun salaire officiel, l’État ne prélève aucune taxe sur leur business. Ils sont pénards et coulent des jours heureux en rackettant le petit peuple, leur soutirant le moindre centime pour les « œuvres de Dieu », œuvres que ne verront jamais les fidèles.

Dans ce misérable petit pays, la pratique qui consiste à donner pour les œuvres de Dieu est un sport national. Quand il s’agit de Dieu la générosité ne se fait pas prier. Et les mercenaires de Jésus utilisent tous les subterfuges pour tourner vos poches à l’envers et emporter tout ce qui s’y trouve. Les gros temples rassemblent plusieurs centaines de personnes à chaque « service de culte ». Le dimanche il peut y avoir jusqu’à trois « services » sans compter les « écoles du dimanche » et les réunions de fin d’après-midi dites de la jeunesse. Il existe un point commun entre tous ces rassemblements : l’argent. La fameuse collecte des fonds. On vous réclame de l’argent à tout bout de champ. Une personne qui participe à plusieurs de ces « services » un dimanche peut se voir complètement plumée. Il y a aussi les réunions de prières plusieurs fois par semaine où là encore vous êtes invité à vider votre porte-monnaie. L’argent est omniprésent dans le royaume de Dieu. Ajouté à cela les dîmes des fidèles. Cela consiste à donner au minimum 10% de tout ce qu’on gagne : son salaire mensuel, l’argent provenant d’un transfert de l’étranger, tout revenu reçu dans un mois et quelque soit son objet ou sa provenance. Il faut donner au moins 10% de tout ce qu’on reçoit comme revenu ! Vous vous rendez compte, même l’État haïtien ne fixe pas d’impôt sur le revenu, et ces pasteurs ne reversent absolument rien au fisc. Imaginons la manne financière que représentent ces sommes colossales des très grosses boutiques comme l’Église de Dieu de Delmas 17, l’Église de Dieu de la rue du centre, l’Église de Dieu de la prophétie, l’Église sur le Rocher etc… La quantité de pognon qu’ils se font est énorme. C’est ahurissant ! Et ça pue parce que cet argent est en grande partie le fruit de l’effort des plus pauvres.

Le gros bazar de Delmas 17 et son génie inventif

À l’Église de Dieu de Delmas 17, le dirigeant mercenaire de cet établissement a inventé une technique astucieuse pour engranger le maximum de fric. La méthode peut être résumée ainsi : dans les réunions de prières qui rassemblent le plus de gens comme les jeûnes du samedi matin, il demande qui est prêt à donner 1000 dollars pour le seigneur (sans blague, pour le seigneur !), et on peut trouver une cinquantaine de quidams parmi les membres les plus nantis. Une fois encaissés les fameux billets, il refait la même annonce mais réclame cette fois-ci 500 dollars, et là le nombre de volontaires peut être doublé ou triplé. Il renouvelle une fois de plus l’annonce en diminuant la somme demandée au fur et à mesure, et ainsi de suite jusqu’à atteindre une somme qui provoque le raz de marée où tout le monde veut donner pour le Seigneur. L’idée malsaine derrière cette démarche est de faire croire que tant qu’on donne plus on reçoit davantage de bénédictions donc plus d’argent en retour. Cette méthode a fait la fortune du pasteur Jean-Marie Désir, personnage obscur dont le nom est cité dans plusieurs malversations financières.

L’empire financier du pasteur Jay Threadgill

Un autre nom célèbre dans ce business honteux de la misère est celui du pasteur Jay Threadgill, un Américain évangéliste  qui a fondé l’Église sur le Rocher. Cette église est le symbole de l’extrémisme évangélique importé des États-Unis basé sur l’argent. Les habitants de Delmas et des communes environnantes se sont rués sur cette église d’un nouveau genre qui leur promet l’Évangile décomplexé et enthousiasmant par opposition à ce qui se faisait jusqu’alors dans les églises protestantes traditionnelles et archaïques. Mais c’est au prix fort. Car pasteur Jay ne rigole pas quand il s’agit de pognon et il n’y va pas de main morte. Il consacre un sermon spécial dans chaque service pour motiver les gens à donner. Give the money ! Pour Jay celui qui ne donne pas est un « kokobé » (handicapé) qui n’a rien à faire dans son église. Un dimanche matin, furieux de n’avoir pas ramassé assez d’argent Jay a ordonné à ceux qui ne voulaient pas donner de l’argent de quitter son église immédiatement. Ce qui n’avait visiblement choqué personne puisqu’après ce coup de gueule sanglant les gens accouraient comme des zombis ramener de l’argent pour les œuvres du Seigneur (ne riez pas). Pour impressionner ses fidèles Jay prêche en anglais alors qu’il parle parfaitement le créole haïtien et réside dans le pays depuis plus de 25 ans. Et ça marche ! Les Haïtiens ont une fascination pour tout ce qui est étranger, et Jay l’a bien compris. A ce jour, personne ne peut évaluer la richesse de ce pasteur arrivé des États-Unis avec « po boudal » sans le moindre sou et qui a fait fortune en exploitant les misères et la faiblesse d’esprit des gens. Gourou d’un évangélisme surexcité, il place un agent de sécurité avec fusil au poing devant ses lieux de culte. C’est la première fois qu’on voit cela en Haïti mais personne n’est scandalisé par cet évangile ultra-branché où  l’ange de l’Eternel est remplacé par un agent de sécurité armé jusqu’aux dents prêt à dégainer au moindre débordement.

Le business du pasteur Jay Threadgill a prospéré et il est aujourd’hui à la tête d’un empire financier avec des satellites un peu partout dans le pays (Ministers of Fishers of Men Ministries Int’l., Church on the Rock, Fishers of Men Ministries Bible, Training Center and Morning Star Christian Academy, COTR-Port au Prince). Pire : il ne reverse pas un centime à l’État haïtien ni sur sa fortune personnelle ni sur les profits de son affaire même si on pense que les deux se confondent forcément.

Le royaume de Dieu a déménagé sur terre

L’autre figure historique de l’opération pick pocket que connait Haïti depuis des années à travers le business de Dieu, est le bien nommé pasteur Chavanne Jeune. Celui-ci culmine tous les records. Il est à la tête de nombreuses églises à travers une mission qu’il dirige MEBSH (Mission Eglise Baptiste Sud d’Haïti). Croyez moi chers amis, ce bonhomme n’a pas la vie dure. Il est le PDG de radio Lumière, une station de radio qui ramasse depuis des années de l’argent afin de créer une chaine de télévision pour la communauté protestante. Un projet qui a mis du temps à voir le jour après des années de grosses campagnes de ramassage d’adoquin[1] dans tout le pays, sans compter les nombreux dons faits par des institutions étrangères. Rappelons pour la petite histoire que cette même radio Lumière était un fervent supporteur du dictateur François Duvalier dans les années 1950, avant de retourner sa veste contre le fils du dictateur alors au pouvoir au milieu des années 1980. Revenons à nos oignons. Le pasteur Jeune est aussi PDG de l’université et l’hôpital Lumière et d’une société de crédit au fonctionnement obscur du nom de Lumitec. Il a pendant longtemps prêché que le royaume des chrétiens est dans le ciel et que ces derniers n’ont pas à se mêler de la vie politique des hommes. Eh bien aujourd’hui, chers lecteurs, votre serviteur le bien-aimé pasteur Chavannes Jeune fait désormais partie de la caste politique haïtienne. Il a retourné sa veste après avoir dépouillé les faibles et empoché un max de thune. L’argent ne lui  suffit pas, il lui faut le pouvoir. D’un claquement de doigt, le royaume des chrétiens est vite transféré sur la terre. Alléluia !

NB. Cet article est extrait du livre de Guy Ferolus « Haïti et la folie de Dieu« . Pour en savoir plus visitez le site de l’auteur: www.ferolus.com


[1] Manière populaire de désigner les pièces de 5 gourdes (la gourde est la monnaie haïtienne)

La 18eme édition de Livres en folie est lancée

2 juin, 2012
Culture | Pas de réponses »

La 18eme édition de Livres en folie est lancée dans Culture livres-en-folieLe ministre de la Culture, Mario Dupuy, le directeur du journal Le Nouvelliste, Max Chauvet, les représentants de la Unibank et du Rhum Barbancourt, Guy Supplice William Eliacin, et la directrice de l’Institut français en Haïti, Corrine Maccaelli, ont procédé au lancement officiel de la 18e édition de Livres en folie le jeudi 31 mai 2012. « C’est l’occasion pour nous de féliciter les organisateurs qui ont misé sur un produit culturel, et on peut dire qu’ils sont entrain de gagner », a indiqué Mario Dupuy qui, depuis trois ans, accompagne les initiateurs de cette grande foire du livre. L’esprit citoyen consistant à partager le livre avec le plus grand nombre a été salué par le ministre, qui annonce un train de mesures pour encourager l’édition de la production intellectuelle en Haïti.

L’intérêt que portent les gens à « Livres en folie » fait la joie des organisateurs de cette prestigieuse manifestation littéraire qui est maintenant majeure. Le directeur du journal Le Nouvelliste, Max Chauvet, n’a pas caché son contentement pour le dévouement manifesté depuis 1994 par le comité organisateur, l’engouement des auteurs, éditeurs, partenaires, sponsors. Cette année encore des records seront battus. Et cela témoigne de l’ampleur que prend l’événement, d’année en année. L’apport du ministère de la Culture nous permet non seulement de pérenniser « l’événement, mais aussi d’en faire un événement national et pourquoi pas, international avec la Quinzaine du livre qui prend de plus en plus d’importance et propose un programme chargé en prélude à la 18e édition», a indiqué Max Chauvet. Il a par ailleurs annoncé quelques innovations, notamment au niveau du service à la clientèle, la présentation des oeuvres financées par le Rhum Barbancourt, le lancement du prix de Première oeuvre de Livres en folie…

Guy Supplice, le responsable de communication Unibank, estime que Livres en folie est dû essentiellement aux auteurs. « Sans les auteurs, Livres en folie ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Livres en folie, c’est à la fois un événement métropolitain et national », a-t-il dit. Les 16 succursales de la Unibank sur le territoire seront disponibles, y compris celle de l’île de la Gonâve, seront mises à la disposition des clients. Les internautes étrangers et haïtiens pourront placer leurs commandes via www.livresenfolie.com; www.unibankhaiti.com . En plus des 40% de réduction, la Unibank promet 10% de réduction supplémentaire sur tous les achats effectués avec la Unicarte.

Eliacin William, représentant la compagnie Barbancourt, l’un des trois principaux sponsors de Livres en folie, a renouvelé l’engagement de son entreprise à continuer à supporter cet événement national. M. Eliacin a rappelé la création de la bourse Barbancourt pour stimuler la production littéraire.

« Pour la célébration de nos 150 ans, nous avons voulu mettre davantage l’emphase sur les livres haïtiens », a-t-il expliqué. « Nous avons décidé d’accorder 10 bourses aux auteurs publiés à compte d’éditions sur une durée de 5 ans. Les premiers boursiers sont Kettly Mars, auteure de « Frontières de la soif », et Louis Philippe Dalembert auteur de « Les bas-fonds de l’abimoir ». Ils seront en signature à Livres en folie. Les 2 bénéficiaires de la bourse Barbancourt pour l’année 2013 seront désignés la semaine prochaine, au cours d’une séance spéciale qui aura lieu au restaurant Le Vilatte», a annoncé William Eliacin.

Corrine Micaelli, la directrice de l’Institut français en Haïti, s’estime heureuse de s’associer une nouvelle fois à la Quinzaine du livre et à Livres en folie cette année. « Cette association est naturelle pour nous ; parce que la coopération dans le domaine du livre est une priorité pour l’Institut français. Pour la Quinzaine du livre, l’institut ouvre depuis hier sa terrasse aux auteurs, éditeurs et acteurs du monde du livre haïtien pour s’exprimer, échanger des idées à travers un rendez-vous quotidien à 2h p.m. jusqu’au 15 juin. Ensuite, nous allons également accueillir des tables rondes, des lectures scéniques et une soirée dédiée à l’invité d’honneur, Georges Castera », a indiqué la directrice de l’institut, qui a un stand depuis l’année dernière à Livres en folie. L’Institut français en Haïti a invité également cette année le directeur adjoint d’Argos-Culture, agence de création et de conseil, Olivier Chaudenson, et l’écrivain, journaliste à la rubrique culture du Point, spécialistes littératures afro-caribéennes, Valérie Marin La Meslée.

Hérard Jadotte, représentant des éditions, et Emmelie Prophète, tous deux membres organisateurs de l’événement, ont tour à tour informé le public du bien-fondé des innovations apportées et des activités littéraires organisées en prélude à la foire.

Avec 131 auteurs en signature, plus de 200 nouveaux titres, 1 368 titres disponibles, une réduction de 40% sur tous les livres disponibles, Livres en folie, phénomène littéraire exclusivement haïtien, s’impose, pendant une journée, afin de rapprocher le plus possible l’objet livre des lecteurs. Pour raccourcir le parcours relativement long de l’an dernier, les organisateurs annoncent qu’il y aura un stand spécial pour les nouveaux titres. Cette innovation va faciliter la vente des livres. Les éditeurs auront également leurs propres stands où on pourra trouver également les auteurs en signature. Les auteurs produisant à compte d’auteur seront regroupés sous le label de Communication Plus.

 Angie Marie Beeline Joseph

jbeeline@gmail.com

Source Lenouvelliste

Commémoration du 1er anniversaire du décès d’Azor

1 juin, 2012
Culture | Pas de réponses »

Commémoration du 1er anniversaire du décès d'Azor dans Culture azorLa formation musicale Racine Mapou de Azor, en collaboration avec Caracoli, a annoncé un ensemble d’activités dans le cadre de la commémoration du 1er anniversaire du décès du chanteur-tambourineur Lenord Fortuné dit Azor, a constaté Haïti Press Network.

Le groupe a annoncé la production d’un CD d’hommage à Azor intitulé  «  Minokan Azor » qui comportera 12 morceaux avec la participation d’autres artistes et formations musicales telles Brother’s Posse, Gracia Delva, Joël Widmaer et Boulot Valcourt.

Ce disque sera lancé officiellement le 12 juillet à l’occasion de la fête de saut d’eau, a fait savoir Mme Jaunay Pascale, la manager du groupe qui a annoncé  la sortie d’un vidéo clip pour le mois de septembre.

Les CD seront distribués gratuitement à la presse, aux sponsors et au public si les démarches du groupe pour un projet de préfinancement intégral de 2000 copies auront abouties, sinon des exemplaires non-promotionnels seront vendus à100 gourdes au maximum, a ajouté Mme Pascale.

Par ailleurs, le maestro du groupe François Fortuné, qui est également le frère du Feu Azor, sollicite la collaboration  de tous pour que le groupe puisse continuer à faire son chemin malgré le départ de Azor.

François Fortuné s’est réjoui du fait que le groupe continue à honorer plusieurs contrats que ce soit en Haïti ou à l’étranger 8 mois après la disparation de leur lead vocal mythique.  A l’étranger, Racine Mapou de Azor a participé au festival Mito de Milan et Turin en Italie en septembre de 2011, a laissé entendre le maestro du groupe.

«  C’est le signe qu’Azor est toujours parmi nous, il donne maintenant la force pour commémorer son anniversaire », a déclaré le maestro Fortuné.

M. Fortuné  promet une prestation formidable à partir du 12 juillet à Saut d’eau où le groupe racine Mapou de Azor évolue depuis plus de 15 ans pendant 5 jours consécutifs à l’occasion de la fête patronale de cette zone.

Wilner Jean Louis

Le groupe Disip de Gazzman Couleur à l’épicentre d’un terrible tourbillon

30 mai, 2012
Culture | Pas de réponses »

Le groupe Disip de Gazzman Couleur à l’épicentre d’un terrible tourbillon dans Culture gazmanLa vie se fonde sur le principe de dualité. On parle souvent de loi de complémentarité ou de loi des opposés : succès-échec,  joie-tristesse, etc. L’homme est maître de son succès et aussi responsable de son échec dans la vie. Nous ne pouvons exister sans les autres. Et malgré nos divergences de pensées, nous sommes les maillons d’une même chaine et membres d’une seule race : la race humaine.

 

La dialectique nous permet de voir ou d’interpréter un même fait différemment, à partir d’un même point d’observation. Cela tient bon aussi dans toutes les disciplines, y compris l’art,  particulièrement la musique. Certains pensent que le groupe Disip tient encore fort. D’autres ne voient que sa décadence, considérant les problèmes auxquels ce groupe musical fait face actuellement.

 

Les temps ont changé

La musique dansante haïtienne traverse une crise qui crée une grave instabilité au sein des groupes musicaux. Une incertitude se ressent au sein de certaines formations musicales d’aujourd’hui. L’on se demande si elles vont exister longtemps. Aucune de ces formations d’aujourd’hui ne pourra atteindre l’âge de l’Orchestre Septentrional, de l’Orchestre Tropicana ou, plus près de nous, celui du Tabou Combo. Les intérêts diffèrent d’un musicien à un autre. Il n’est plus question d’intérêt commun comme autrefois. Des fois, le maestro ne connait même pas le nom de certains musiciens faisant partie de son propre groupe. Je vous parle en connaissance de cause puisque j’ai vérifié un tel fait.

 

Un musicien devrait être un ami, un frère ayant les mêmes aspirations et partageant les mêmes  rêves avec ses confrères. Mais, la fraternité entre la plupart des musiciens d’aujourd’hui est fictive et hypocrite. Cela est à la base de l’instabilité que l’on vit aujourd’hui dans le monde de notre musique dansante. Je compare l’industrie musicale haïtienne à la ligue nationale de basketball, la NBA, où les transferts s’opèrent à un rythme qui défie l’imagination.

 

Après avoir laissé le Nu-Look, Gazzman Couleur a créé son propre groupe qu’il baptise du nom de Disip. Il a automatiquement bénéficié d’une augmentation de salaire puisqu’il dirige son propre groupe,  même s’il désigne un maestro. Gabriel Laporte a été nommé maestro de Disip. Celui-ci se montrait très dynamique et ne laissait entrevoir aucun signe de mésentente ou d’anomalie. Il ne comprenait rien de rien. Il se croyait vraiment membre du conseil administratif / exécutif du groupe comme il l’avait lui-même déclaré. Il a pu réaliser qu’il n’était qu’un prête-nom et un figurant. « Mariaj la gate, fiyèl mouri monkonpè kaba ».

 

Des musiciens insatisfaits de leur expérience avec Gazzman et le groupe, se lancent à la recherche de meilleures opportunités. Ils le font sans préavis. Tout nouveau tout beau !  Une source crédible m’a informé que d’autres musiciens vont emboiter le pas dans le même sens dans un avenir proche. Dans toute l’histoire de la musique dansante on n’a jamais enregistré tant de désordre et de défections en cascade.

 

Certains accusent le chanteur de Disip de tous les maux du monde pour, peut-être, ternir sa renommée et accélérer sa chute ou encore pour présenter sa face cachée au grand public. Pourquoi n’ont-ils pas emprunté la voie du dialogue, si le groupe a un vrai conseil administratif / exécutif? On parle aussi de la caducité possible de ce conseil exécutif du groupe qui n’assure pas la promotion de cette formation musicale comme il l’aurait dû. Ces musiciens qui ont fait défection laissent le groupe Disip sans regrets. Ils partent à la découverte d’un nouveau monde, tout en risquant leur carrière puisqu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. Un autre musicien de Disip du nom de Sorel vient de faire défection. Il parle du manque de structure du groupe Disip et questionne la personnalité de Gazzman. Il fait croire que le chanteur ne montre aucun signe de respect envers ses « confrères » musiciens. Il y a une ombre au tableau. Je suis sûr que Gazzman a un autre point de vue concernant les déclarations faites par cet ancien musicien. Il préfère garder le mutisme. Certaines gens se rabattent sur le proverbe qui dit que celui qui ne dit rien consent.

 

Gazzman Couleur joue sa dernière carte « Do or Die »

Le vent souffle à une vitesse inimaginable et change progressivement de direction. Van an vire sou Gazzman Couleur. Il lui faut un paravent solide pour survivre. Le chanteur doit aussi comprendre que le chemin de la vie n’est pas toujours tapissé de fleurs. Parfois, il est jonché d’épines. Il faut être très patient et prudent. Il faut qu’il pratique la tolérance, le respect et l’humilité. Gazzman se trouve aujourd’hui coincé dans une situation qu’il a créée mais ne peut se l’expliquer. Il a inventé un monstre qui aujourd’hui le hante.

 

Gazzman Couleur doit reconnaître et accepter ses faiblesses. Il doit les corriger s’il arrive à les identifier. Il faut qu’il fasse une introspection quotidienne pour essayer, sans tricher, de pointer du doigt ce qui en lui mérite d’être modifié. Il a besoin d’aide pour surmonter les difficultés auxquelles il fait face aujourd’hui. Les plus grands artistes du monde se réfèrent à d’autres paroliers pour présenter des textes valables. Certains profitent de ce moment crucial pour jeter la panique parmi les fans du Disip. D’autres parlent de la confirmation de l’incapacité de production de Gazzman et de son manque d’esprit de créativité.

 

Certains osent dire que son ancien partenaire et maestro est à la base de son vedettariat. D’autres pensent que le maestro de Nu-Look lui préparait des mets prêts à manger-ready to feed, c’est-à-dire des hits. Le moment est venu pour que Gazzman Couleur nous prouve le contraire.  Il joue à « Do or Die-réussir ou échouer éternellement ». Si le prochain CD de Disip n’inspire pas confiance et ne convie aucun message positif, Gazzman aura le dos au mur. Il doit retourner sur la planche à dessin pour ré-agencer ses couleurs, comme certains groupes l’avaient fait après la sortie d’un quelconque CD titré Confirmation.

 

Il ne reste qu’une chance à Gazzman Couleur. La première, il l’a eue à la grande sortie de Disip, le dimanche 4 avril 2010. Il faisait salle comble, un fait que beaucoup avaient associé à l’effet de curiosité. Gazzman n’a pas su consolider sa position après la sortie de son CD qui a pour titre « Mission ». À l’époque, le Nu Look trottinait. Aujourd’hui, Gazzman essaie d’attraper sa deuxième et dernière chance au vol. S’il laisse l’orgueil envahir son territoire et s’il vit encore dans son petit monde de rêve, il ne pourra pas remonter la pente raide. Tout au début, il avait confondu vitesse et précipitation.

 

La barque en péril

Gazzman Couleur collabore avec des musiciens en qui il plaçait toute sa confiance mais qui aujourd’hui lui préparent un mauvais coup, soit un « No Show » à une soirée dansante ou à un festival. Ces musiciens ne se présenteront pas pour honorer un contrat ou des contrats à l’avenir. Ils réclameront une augmentation de salaire de Gazzman le jour même d’un bal ou d’un festival du groupe Disip.

 

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. La vie a un rythme. Plus on la danse en boléro plus grande sa chance de réussite. L’empressement ne fait pas naitre le jour. La vie est la plus rude compétition. Je le redis aujourd’hui pour mieux me faire comprendre. La vie est un vaste océan où tout le monde se baigne. Deux possibilités s’offrent à nous et décident de notre futur : se noyer si on ne sait pas nager, ou nager pour ne pas se noyer.

 

Felder, ex-bassiste de Nu Look, supporte vraiment Gazzman Couleur, s’il accepte d’embarquer à bord d’une barque en péril, saccagée par un fort tourbillon qui risque d’être suivi d’un tsunami. Il l’a fait au péril de sa vie. Sans doute, il sait nager. En qualité de nouveau maestro du groupe Disip, pourra t-il aider Gazzman à regagner le rivage du succès d’antan ?  On se souvient aussi que Felder fluctuait un peu dans ses décisions après sa séparation de Nu-Look. Il avait même déclaré qu’il avait laissé le monde Konpa Dirèk pour évoluer dans d’autres environnements musicaux.

 

Dans un temps Felder jouait à la gloire de l’Eternel, si ma mémoire m’est fidèle. C’est ce qui l’empêchait de répondre à certaines obligations du monde profane. Aujourd’hui, il revient dans l’univers Konpa Dirèk. Personne ne doute de son talent et de sa capacité. L’on se pose des questions. Peut-il réussir comme architecte de la reconstruction et de la modernisation de Disip? Il a ce grand défi à lever. J’imagine que, sans fluctuer,  Felder continuera la route avec Gazzman qui a besoin d’un guide qu’il respecte pour le conduire à bon port. Avec les cartes que Gazzman a en main, il ne pourra pas facilement gagner la partie. Elles sont toutes marquées aux ongles-yo doye. Il faut qu’il les rebatte. Parmi les disciples de Gazzman Couleur, on compte encore des Judas. Pourra t-il les identifier avec facilité? Je le doute fort.

 

La sagesse et la modestie se cultivent

Je pense qu’après plusieurs incidents de parcours que Gazzman a vécus et pour lesquels il a été réprimandé, il doit atteindre une certaine maturité, cultiver la sagesse, la modestie, et pratiquer la tolérance, l’amour, et faire preuve de respect. S’il n’est pas à ce point, il n’a rien appris de l’école de la vie et des recommandations qui lui ont été adressées en plusieurs occasions. La sagesse est l’art des modestes et la modestie la science des sages.  J’essaie aussi de comprendre la situation du chanteur qui vit dans une atmosphère troublante, dans une ambiance très tendue où règne une hypocrisie palpable.

 

Certains déclarent que le groupe Disip se dissipe lentement en fumée.  D’autres prétendent que Gazzman Couleur et son groupe vont rapidement en aval sans détour- pa gen wout pa bwa, disent-ils. Aujourd’hui, Gazzman se cogne la tête et travaille dur pour essayer de produire un album valable.  Si sur cet album, il interprète la chanson « Machann Kasav » du Super Jazz Des Jeunes, qu’il a jouée au festival de Miami, il voue à l’échec certain. L’idée d’interpréter une telle chanson est géniale et la chorégraphie reflète bien l’image que traduit la chanson.

 

La tenue paysanne des musiciens nous renvoie dans le tréfonds de notre culture pour y puiser les ingrédients nécessaires de la source traditionnelle indigène: djakout kouzin, chemise chambrée et pantalon de « gros siam ». Tel a été le décor sur scène. Je trouve méchants tous ceux qui confèrent une connotation politique à la présentation sur scène et la parure des musiciens de Disip au Compas Festival de Miami, en Floride. Ils avancent que Gazzman n’a pas dévoilé aux musiciens, qui l’ont accompagné, son intention cachée derrière l’accoutrement qu’il les fit porter.

 

Chaque période a ses besoins, ses demandes et ses exigences. Le public saura t-il apprécier une telle pièce musicale?  D’autres trouvent que c’est pour Gazzman un moyen de redorer son blason après avoir avalisé un sujet qui n’a pas réussi dans ses démarches politiques. Sans vouloir être l’avocat du diable, je ne vois que la portée culturelle de la présentation du groupe Disip, le samedi 19 mai à ce festival de Miami. La chorégraphie m’a beaucoup plu.

 

Personne n’aimerait échouer. Gazzman doit nager pour sortir de ce vaste océan de problèmes. Gazzman et le Disip sont en position de faiblesse. Il faut que l’artiste n’ait pas honte de demander ou de frapper aux portes où il est sûr et certain de trouver ce dont il aura besoin pour réussir dans ce méli-mélodrame musical. Je profite de l’occasion pour rappeler à Gazzman que le voisin a un excellent CD en circulation. Attention ! Même si ce CD en question commence à perdre de sa chaleur, il peut encore brûler les imprudents qui essaient de le toucher avec les mains nues. Si le Disip ne peut produire un album riche en substance, en couleur et en variétés, c’est la fin de son histoire. Le groupe Disip est vraiment à l’épicentre d’un terrible tourbillon qui peut-être suivi d’un tsunami si les mesures nécessaires ne sont pas prises à temps. Il ne me reste qu’à souhaiter bonne chance au groupe Disip.

Par Jean Robert Noël

Orchestre Septentrional d’Haiti et Boukman Eksperyans dans la bible des musiques du monde

28 mai, 2012
Culture | Pas de réponses »

Orchestre Septentrional d'Haiti et Boukman Eksperyans dans la bible des musiques du monde dans Culture SEPTEN-300x225L’Orchestre Septentrional d’Haïti, qui fêtera au mois de juillet prochain son 64ème anniversaire, et le groupe Racine Boukman Eksperyans ont été choisis par la maison de disque World Music Network pour faire partie de la compilation “The Rough Guide to Caribbean Cafe”, qui sortira officiellement ce lundi 28 mai 2012, a appris Haïti Press Network.

« Pi Douvan » un titre du dernier album de l’Orchestre Septentrional d’Haïti et « Troubadou racine » de Boukman Eksperyans feront partie de cette compilation caribéenne.

Parmi les artistes présents aux côtés de l’Orchestre Septentrional d’Haïti et Boukman Eksperyans, on trouve Andy Palacio du Belice ; Grupo Desandann, Septeto Nacional, Sierra Maestra et Ska Cubano de Cuba ; Aurelio du Honduras ; Gyptian de Jamaïque ; Paracumbé de Porto Rico ; Chichi Peralta et Boukman Boukman eksperyans dans CulturePuerto Plata de République Dominicaine ; Un Solo Pueblo du Venezuela ; André Toussaint des Bahamas ; et Yuchi Cordoba de Curaçao.

La compilation “The Rough Guide to Caribbean Cafe” est disponible chez les marchands de disques et sur les distributeurs en ligne, ainsi que sur le site de World Music Network.

World Music Network est une maison de disque anglaise bien connue, présente sur le marché international depuis 1994. Elle regroupe plusieurs labels dont la fameuse série “Rough Guide”. Entamée initialement pour accompagner les guides touristiques “Rough Guide”, cette série se proposait de faire connaître au grand public occidental des musiques du monde entier à travers des artistes variés, représentatifs de leur pays. Elle a connu un succès immédiat, et après plus de 270 volumes, elle a gagné le titre de “Bible de la Musique du Monde”. Les guides ont couvert des destinations aussi diverses que Madagascar, l’Iran ou l’Himalaya. Une compilation, aujourd’hui épuisée, a déjà été consacrée à Haïti en 2002.

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