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Gros plan sur Haiti,la terre de Toussaint Louverture

Archive pour la catégorie 'Alerte'


Message à la Jeunesse d’Haïti à l’Occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse de Me Jean-Henry Céant

20 août, 2012
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Message à la Jeunesse d'Haïti à l'Occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse de Me Jean-Henry Céant dans Alerte CeantLa date du 12 Août est jour commémoratif de la Jeunesse à l’échelle internationale, et ce m’est un grand privilège,  à cette occasion, d’engager le dialogue avec vous,  jeunes, filles et garçons de mon pays, d’autant que cette journée me remet à l’esprit  l’exclamation d’André Gide :  »Ah! La jeunesse, l’homme ne la possède qu’un temps et le reste du temps la rappelle ».  Mes paroles, d’entrée de jeu, je l’affirme, seront des paroles de vérité, loin, très loin, des constats et vœux de circonstances qui s’égrènent au fil des années ou des décennies, et qu’emporte le vent des rhétoriques officielles, nationales et internationales.

 Jeunes, filles et garçons de mon pays, savez-vous que l’Assemblée Générale des Nations Unies a célébré en 2005 le dixième (10ème) anniversaire du Programme d’Action Mondiale de la Jeunesse (PAMJ)? Avez-vous entendu parler des Objectifs du Millénaire pour le développement des jeunes? Etes-vous au courant des cinq nouveaux thèmes identifiés et ajoutés aux priorités du Programme d’Action Mondiale de la Jeunesse pour la décennie à venir?

 Bref, jeunes de mon pays, savez-vous que depuis 1979 a été créé, en Haïti, le « Commissariat à la Jeunesse et au Sport » qui se transformera en Ministère de la Jeunesse et des Sports » devenu par la suite « Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique ».  Qu’a-t-il réalisé de significatif, pour qui, comment et avec qui?  En fait, encadre-t-il la jeunesse de notre pays?  A-t-il une loi organique?

 Les réponses sont connues, que charrie l’écho des sollicitudes présidentielles ou l’incertitude d’actions conjoncturelles ou sporadiques, le plus souvent non inscrites dans un plan global.

 Oui, les réponses sont connues et disent des faits, des habitudes relevant du dicton «pito nou lèd nou la», en contradiction avec l’idéal de grandeur qui a inspiré nos Ancêtres et inscrit Haïti dans le concert des nations.

 Aussi, je vous parlerai vérité, et je dirai qu’il serait bien difficile de trouver un lieu où être jeune serait une malédiction quand ce ne serait pas un crime, comme en Haïti. Certes, il n’en a pas toujours été ainsi, bien des plus de 50 ou de 60 ans prennent plaisir à évoquer les joies du passé…  Oui, bien que les premières pages du roman posthume et célèbre de Jacques Roumain débute avec les lamentations de Délira : «Nous mourrons tous», et que le jeune Manuel, son fils bien aimé, ait été forcé d’émigrer à Cuba, pour chercher une vie meilleure dans la ZAFRA.

Tandis que jeunesse et futur doivent se conjuguer pour ouvrir la voie au développement, ici en Haïti, malheureusement, force est de reconnaître que lorsqu’il est question du statut de notre Jeunesse, de ses conditions de vie, passé et présent se donnent la main pour obstruer les voies de l’avenir. C’est là l’une des situations qui confortent  Haïti dans son statut de seul PMA (Pays moins avancé) de l’Amérique, dans sa définition d’État failli, incapable de satisfaire les multiples besoins primaires des différentes composantes de sa population, dont les jeunes en particulier.

 Considérons un peu l’état des lieux.

 Selon les critères des Nations Unies, la Jeunesse englobe la tranche d’âge située entre 15 et 24 années.  En Haïti, la tranche d’âge proposée par le Ministère de la Jeunesse est de 15 à 34 ans. Il y a là matière à questionnement.

 Pour le moment, retenons que cette catégorie sociale représente près de 58% de la population haïtienne, soit la majorité statistique prise dans les mailles de l’exclusion, fléau caractéristique des modalités de rapports sociaux qui prennent un relief de tragédie dans un pays historiquement en crise.  Haïti est confronté aujourd’hui au défi d’un monde et d’un environnement en situation de redéfinition.

 D’abord, il faut noter que la Jeunesse haïtienne est composite et que nos jeunes vivent dans des réalités, des traditions, des environnements différents, selon qu’ils évoluent dans la capitale ou les villes de province, en milieu urbain ou rural, dans un bidonville ou un quartier résidentiel décent. Et sans aucun doute, ils alimentent les statistiques de 1995 inscrites dans le Programme d’Action Mondiale de la Jeunesse des Nations Unies avec DEUX CENTS MILLIONS (200,000,000) de jeunes vivant dans la pauvreté, CENT TRENTE MILLIONS (130,000,000) de jeunes analphabètes, QUATRE-VINGT-HUIT MILLIONS (88,000,000) de jeunes sans emploi et DIX MILLIONS (10,000,000) de jeunes atteints du « VIH SIDA ».  Quand on y aura ajouté les quelques millions concernés en tant que victimes ou partenaires de la délinquance, des pratiques de la drogue, de la violence etc.., on achèvera d’avoir un tableau des sombres réalités des jeunes dans le monde d’aujourd’hui.

 En ce qui concerne précisément  notre Jeunesse, ses besoins, à tous les niveaux, eu égard à l’éducation, l’emploi, l’environnement, la sécurité, le logement, etc. sont carrément ignorés.  La jeunesse n’est pas que Sport et Loisirs, et là encore!

 L’offre scolaire, de façon générale, est limitée, et les carences frappent particulièrement les jeunes des milieux ruraux. Il

en est de même lorsque l’on considère la qualification des professeurs, la qualité de l’éducation dispensée en milieux scolaires fréquentés par les jeunes évoluant dans un environnement marqué par la pauvreté et la délinquance. Quant aux carences de l’emploi, des soins de santé, du logement, elles n’ont fait qu’empirer, de même que celles de la sécurité, particulièrement dans le climat postérieur au séisme du 12 Janvier 2010 qui a entraîné des effets catastrophiques tant sur les plans physique qu’humain.

 Là ne s’arrête pas la tragédie de nos jeunes. La vérité, toute la vérité doit être dite. Le voile doit être levé pour montrer, dans toute sa monstruosité et ses effets négatifs, la stigmatisation, fille de l’exclusion, qui frappe de plein fouet la jeunesse haïtienne non seulement dans l’éducation, mais également dans la justice où ils sont préjugés coupables; dans le travail où déjà ils n’ont pas accès, ils sont suspectés  de turbulence; dans la famille où certains subissent la loi de traditions post coloniales et sont ainsi soit privilégiés, récusés ou rejetés; dans la politique où certains ont des droits auxquels d’autres ne sauraient aspirer; dans l’économie, dans l’Etat où une étrange ségrégation qui n’ose pas dire son nom bloque la mobilité sociale et fixe les jeunes dans l’errance et l’incertitude des jours ce, malgré souventes fois des qualifications certaines. Et enfin, il y a des jeunes issus de milieux aisés et ceux de milieux pauvres,  jeunes des villes et jeunes du « pays en dehors », jeunes instruits et jeunes analphabètes; ceux jugés  « moun », acceptables en tout lieu et saison, et d’autres frappés d’interdits qui ne sont pas « moun »…  Tous les jeunes du Pays, sans exclusive ni discrimination, doivent bénéficier des mêmes opportunités.

Quand on sait que la Jeunesse est l’avenir d’un pays, quand on sait que la jeunesse représente plus de 58% de la population haïtienne, l’on ne peut se limiter à cerner et à mettre en relief les contours d’une situation aussi désastreuse. Quels que soient le poids du passé et les stigmates du présent, il appartient aux hommes et femmes de progrès  d’œuvrer pour créer des conditions de vie différentes où nos jeunes se plairont à évoluer, dans la plénitude de droits et de devoirs à exercer et à accomplir, dans la plénitude de la vie, tout court.

 Pour cela, et dans le contexte précis d’Haïti, compte tenu de son histoire, de ses traditions, il s’impose à nous d’opérer un choix fondamental qui implique une véritable redéfinition de notre attitude face à la jeunesse, et entraîne la mise en place d’un cadre de dialogue initié à partir d’un projet centré non seulement sur une véritable prise en charge de la jeunesse (sans démagogie ni saupoudrage) mais aussi et surtout l’intégration et la préparation de nos jeunes, appelés désormais à remplir leur rôle comme poto-mitan de nos entreprises scientifiques, économiques et sociales, porteuses des nécessaires changements à opérer.

 En somme, il s’agit de donner sa chance à chaque jeune haïtien, fille ou garçon, de lui faire confiance, de lui ouvrir toutes grandes les portes de l’éducation à tous les niveaux,  de le supporter dans sa marche vers l’apprentissage et la maîtrise des technologies de pointe, de même que celles relatives à l’agriculture, à l’agro-industrie, au tourisme, à l’éco-tourisme, à l’industrie, à l’informatique, au commerce, à l’entrepreneuriat.

 L’ère du soupçon, voire de l’indifférence ou du mépris, doit céder la place à celle de l’engagement, de la confiance et de l’accompagnement, expressions d’une volonté commune, en accord avec l’esprit et la lettre des prescrits démocratiques de notre Constitution.

 Engagement des jeunes, d’abord à se former, à préparer leur avenir, dans le respect des normes, des valeurs morales,  d’efforts dans le travail, qui se sont imposés à tous les êtres de bonne foi, normes et valeurs qui ont servi d’étais aux élites dirigeantes d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique, quand il a fallu opérer les nécessaires réorientations destinées à changer la vie d’un peuple à un moment décisif de son histoire.

 Confiance qui servira de socle aux élans de la jeunesse haïtienne qui doit réapprendre à croire en lui-même, en son

destin et en celui de son Pays. Confiance qui doit motiver nos jeunes à se battre pour l’intégration de tous les Haïtiens dans notre quête de concertation, de dialogue et d’entente pour la réaffirmation des Idéaux de nos Preux et Vaillants de 1804 qui ont donné au concept de liberté sa signification multi- dimensionnelle. Confiance qui fera luire les rayons d’espoir, espoir construit dans la détermination des jeunes pour un vrai changement: le changement pour toutes les catégories sociales.

 Encadrement des jeunes par les aînés, tâche qui exige une synergie alliant la vigueur de la jeunesse à  l’expérience des adultes.  Ce moment, il est là.  Moment de concertation, de « têtes ensemble » où,  jeunes filles et garçons d’Haïti, conscients de l’ampleur des tâches à accomplir et animés du plus grand amour pour le pays, accèdent au timon des affaires…

 Aussi, faut-il initier nos jeunes au commandement, aux prises de décisions collectives, les familiariser avec l’utilisation des technologies de l’information et de la communication, les intégrer à des expériences de bénévolat et de service civique, tout en donnant de la visibilité aux réalisations faites et aux modèles d’excellence.

 Bref, il s’agit de valoriser et de développer les éléments constitutifs d’une culture d’implication sociale  qui nous permettra,  par nous-mêmes et avec l’aide d’autres, et surtout les Vrais Amis d’Haïti, de réaliser positivement les tâches historiques non accomplies au cours de notre évolution de peuple.

C’est là que l’investissement dans la Jeunesse  aura son sens et toute sa justification. Faire de la jeunesse le présent, non plus le représentant d’une certaine « relève » qui tarde trop souvent à s’affirmer, faute d’encadrement. C’est Jean Paul II qui disait le 7 Avril 1985 : « Une mission difficile mais en même temps passionnante attend la jeunesse: Transformer les mécanismes fondamentaux qui provoquent égoïsme et oppression dans les relations entre Nations et créer de nouvelles structures s’orientant vers la vérité, la solidarité et la paix ». A cela s’ajoute l’affirmation non moins profonde d’Alfred de Vigny « Une grande vie est une pensée de la jeunesse exécutée par l’âge mûr ».

 Pour « Construire un monde meilleur en association avec les jeunes », la jeunesse haïtienne doit être prête car elle est une force. Qu’elle soit, dans l’immédiat et dans l’urgence, mise à la construction du développement, de la Paix et de la Démocratie pour notre Pays épuisé d’attendre.

 Je veux également dire qu’assurer les conditions de vie – santé, éducation, alimentation, logement, sécurité, loisirs, – adéquates à l’épanouissement de la jeunesse, c’est, fondamentalement, contribuer à mettre un terme à cette triste et absurde réalité d’Haïti conçue et vécue par ses fils comme une terre de passage, un lieu d’exode pour les paysans, un lieu d’émigration pour les urbains.

 Il est temps de tourner nos regards vers l’intérieur. « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie », chantait le grand poète romantique français, Alfred de Musset.  Le parodiant, disons que la jeunesse est le cœur d’Haïti, la jeunesse est le génie de la nation.  En dehors d’elle, aucun avenir n’est possible. La condition sine qua non au progrès d’Haïti, c’est en priorité, l’investissement dans sa jeunesse.

 C’est pourquoi, je plaide pour la mise en place des fondations d’une Décentralisation qui, ayant pour points de départ, l’éducation, la responsabilisation, l’encadrement, les transferts de compétences, de savoir et de savoir-faire, l’emploi et l’autonomie des jeunes, réconciliera la nation avec elle-même, écartant a jamais le spectre de l’exclusion qui appauvrit, divise et entretient haines et conflits.

 Jeunes, on doit cesser de faire de vous, ces enfants de paysans, d’ouvriers et de bidonvilles qui n’ont pas eu d’enfance!

 Jeunes, on doit cesser de faire de vous, ces chômeurs stigmatisés par les carences éducatives, économiques, sociales et environnementales!

Jeunes de mon Pays, vous êtes l’avenir d’Haïti, vous êtes le poumon de la vie nationale, vous êtes la dernière chance de ce coin de terre!

 Impliquez-vous!  Réclamez ce à quoi vous avez droit: encadrement, opportunités et égards afin d’être prêts pour la prise en mains des destinées de notre pays en collaboration honnête et sincère avec toutes les autres générations.

 Il nous reste encore ce choix aux allures de Révolution. Mais !!! Ce sera une Révolution pacifique, ayant pour seule arme l’éducation et pour seul horizon: l’inclusion, dans l’ordre et la paix, l’entente entre tous les citoyens, tous anoblis, jeunes parmi les jeunes, sur la foi de la solidarité intergénérationnelle, fondée et entretenue. Voilà mon rêve pour la Jeunesse de mon Pays qui élèvera les remparts d’une nouvelle Haïti, solidement édifiée dans nos cœurs et nos têtes.

 Port-au-Prince, le 12 août 2012.

 Me Jean- Henry Céant

Haïti-Ressources minières : Sans un Etat responsable, la débâcle annoncée ?

31 juillet, 2012
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Haïti-Ressources minières : Sans un Etat responsable, la débâcle annoncée ? dans Alerte orLa situation en Haïti ne peut que s’aggraver si l’exploitation minière ne repose pas sur un Etat responsable, capable de se placer en position de force face aux compagnies et également assez intègre pour user des bénéfices à bon escient.

C’est la réaction de Keith Slack, directeur du programme sur les industries extractives à Oxfam Amérique dans un article publié sur le blog d’Oxfam le 25 juillet 2012.

Tout en remettant en question la signification pour un pays d’avoir des ressources minières, Slack se demande s’il s’agit réellement d’un privilège pour Haïti d’avoir dans son sous-sol de l’or, de l’argent et du cuivre.

Il suggère de poser des conditions préliminaires à la venue des compagnies minières afin de garantir que les ressources seront réinvesties dans la société.

Il s’agit d’abord de renforcer la capacité du gouvernement afin qu’il soit en mesure de négocier de façon juste ce qui revient à Haiti de la part des compagnies.

Afin de ne pas léser la société civile, l’Etat doit absolument adopter des mesures de transparence soit en publiant directement les contrats passés avec les compagnies, soit en acceptant un contrôle de la part d’un comité neutre.

Un parcours à l’envers

Engranger des richesses ne suffit pas. L’exploitation des sous-sols ne peut devenir un gain pour toute la société que si des plans de dépenses sont préalablement arrêtés. Il s’agirait d’investir cet argent sur des secteurs clefs : le développement d’une industrie diversifiée, qui trouverait des débouchés aux Etats-Unis, l’agriculture et les programmes de protection sociale.

Ce qui se passe pourtant, c’est que le parcours s’effectue à l’envers. On recherche la richesse avant d’en prendre la responsabilité. Cette année, à la suite de prospections effectuées par des compagnies minières, des gisements d’or, d’argent et de cuivre ont été mis à jour. Ces ressources pourraient représenter 20 milliards de dollars américains (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 58.00 gourdes aujourd’hui).

Le premier ministre Laurent Lamothe a alors affirmé sa volonté d’exploiter les ressources souterraines du pays. En mai 2012, l’idée d’une nouvelle loi portant sur l’extraction des matières premières a émergé. Les compagnies minières Newmont et Eurasian auraient déjà passé un accord avec le gouvernement haïtien.

Le processus est très rapide et rien ne laisse penser que l’Etat est prêt à responsabiliser ses décisions. Déjà, les compagnies minières sont pressantes et devancent les démarches légales.

Mémé : le premier pas ?

De juteuses perspectives s’ouvrent pour ces transnationales minières en Haïti à l’heure où le gouvernement haïtien a annoncé la réouverture prochaine de la mine de cuivre, d’or et d’argent de Mémé (16 km au nord-ouest des Gonaïves).

La mine de Mémé a été exploitée entre 1960 et 1972 par la Société d’exploitation et de développement des ressources naturelles (Sedren). 1,5 millions de tonnes minerais de cuivre et d’or ont été extraits durant cette période, selon la compagnie qui parle d’un gisement de 3,5 millions de tonnes.

Les minerais extraits ont alors profité aux industries de l’Amérique du Nord. En face des anciens mineurs et des habitants de la zone évoquent des souvenirs amers.

Des mineurs se souviennent…

Interrogé par AlterPresse, Sauveur Du Chatelier, un ancien mineur a fait savoir que travailler dans un tunnel pour tirer les minerais était l’expérience la plus difficile et risquée qu’une personne pouvait effectuer.

« C’était un travail risqué parce que dans le tunnel situé à 1750 pieds de profondeur, un mineur de fond qui n’a que son casque muni d’un flash qui lui permet de voir la lumière pour drealer les mines était exposé à tout », a déclaré Du Chatelier, qui dit se rappeler avoir perdu des camarades dans des accidents.

Il ajoute que lorsqu’il n’y avait pas de mort enregistré dans les tunnels, les patrons de la Sedren organisaient une fête en guise de « célébration de la vie ».

A coté de ces risques, les mineurs ont travaillé pour un modique salaire qui se situait entre cent à deux cent cinquante gourdes, précise Sauveur Du Chatelier.

Pour sa part, Joseph Aloisy Saint-Louis qui a travaillé dans la mine comme assistant forman général (mineur de surface) a rapporté que tous les mois, à chaque paiement, près de 80 macoutes (membres de la milice de la dictature de Duvalier) qui n’avaient rien à voir avec la Sedren débarquaient de Port-au-Prince pour réclamer leur part à la compagnie.

Les grands bénéficiaires de l’exploitation des gisements du sous-sol de Mémé étaient le régime en place et bien sûr la compagnie qui tous deux n’ont pas songé à améliorer la petite localité, encore moins les conditions de vie de ses habitants.

D’autres anciens mineurs de fond, comme Marc Jeannithon et Jean Bar Delva, âgés respectivement de 76 et 78 ans, ont exprimé leur joie par rapport à l’annonce faite par les autorités sur la possibilité d’ouvrir à nouveau la mine de cuivre de Mémé à bassin Magnan.

Ces anciens mineurs disent toutefois espérer que la nouvelle compagnie exploitante prendra en charge la dette de 36 mois d’arriérés de salaires laissés par l’ancienne compagnie First City qui a tenté vainement de rouvrir la mine en 1982, en faisant travailler les anciens mineurs qui n’ont pas été payés pendant 3 ans.

Haiti-Alerte:Un séisme de forte magnitude est imminent en Haiti!

23 juillet, 2012
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Haiti-Alerte:Un séisme de forte magnitude est imminent en Haiti! dans Alerte Prepti-300x200Un séisme de forte magnitude peut se produire à n’importe quel moment dans la presqu’île du Sud comme dans le nord d’Haïti, selon une étude géospatiale faite en 2007. La phase d’activité sismique des dernières semaines de la plaque de la Caraïbe met la puce à l’oreille.

Certains touchent du bois, s’enfoncent parfois dans le déni dès qu’on évoque la menace sismique. D’autres, comme l’ingénieur Claude Prépetit, scrutent, analysent et affinent leurs prévisions. Celles-ci sont loin d’être bonnes pour la Caraïbe et pour Haïti en particulier. La plaque caribéenne, selon l’ingénieur-géologue, « est entrée dans une phase d’activité sismique augurant la libération d’énergie dans les failles cartographiées ou aveugles ».

Sur la plaque caribéenne, coincée entre celles de l’Amérique du Nord, de l’Amérique du Sud et  des Cocos, quelques failles s’illustrent. A  Anguilla, du 10 au 14 juillet 2012, 8 séismes de magnitude 2,9 à 3,4 sur l’échelle de Richter ont été recensés par les sismographes de l’USGS. En République dominicaine, le 7 juillet, un séisme de 5,1 a été enregistré à Barahona. Un autre de 2,9 s’est produit à Higuey le 10 juillet. Le lendemain, à Atomayor del Rey, il y a eu un séisme de 4,4. Deux jours plus tard, à Boca de Yoma, un autre tremblement de terre de 3,1 a été signalé, rapporte l’ingénieur Claude Prépetit.

Comme pour le Pacifique, on installe des marégraphes dans la caraïbes dans l’éventualité de tsunami provoqué par des séismes importants, confie l’ingénieur Claude Prépetit, préoccupé par la menace planant sur le Cap-Haïtien. 170 ans après le tremblement de terre suivi de tsunami du 7 mai 1842 ayant causé la mort de 5 000 personnes (la moitié de la population de cette ville), les prévisions sont inquiétantes. L’étude géospatiale, dont les conclusions sont disponibles depuis 2007, avait identifié sur la faille septentrionale des déformations et un déficit de glissement de 1 m 80 susceptible de provoquer un séisme de magnitude 7,7 sur l’échelle de Richter au Cap-Haïtien. Pire. «Si ce séisme se produit dans la rade du Cap-Haïtien, le temps d’alerte sera très court. Quelques secondes », indique Prépetit.

Historiquement, les vagues de 5 mètres de haut du séisme de 1842 ont atteint la cathédrale du Cap-Haïtien, le cœur de la ville, explique le géologue pour qui « on ne doit pas se faire d’illusion » sur l’importance des pertes en vies humaines si  ce scénario se produit. « La faiblesse du bâti existant augmentera les pertes en vies humaines », soutient l’ingénieur-géologue, insistant sur la nécessité « d’intégrer la population dans l’évaluation de la vulnérabilité pour qu’elle sache comment protéger les vies et les biens ».

L’éducation de la population créera les bons réflexes, poursuit Claude Prépetit. Les gens doivent savoir quoi faire pour se mettre en sécurité s’il y a une alerte au tsunami à 1000 kilomètres dans la mer des Caraïbes par exemple, ajoute l’ingénieur qui surveille aussi la faille Enriquillo comme du lait sur le feu.

La presqu’île du Sud pas mieux lotie

Indexée à tort d’être responsable du tremblement de terre du 12 janvier 2010, la faille Enriquillo, selon la même étude géospatiale de 2007, peut provoquer à tout moment  un séisme de 7, 2, indique Claude Prépetit, généreux dans les détails sur les études dont les résultats ont permist d’identifier la « faille aveugle », non cartographiée à l’époque, responsable de goudougoudou . « Cette faille a été baptisée faille de Léogâne », rappelle le géologue qui  multiplie les interventions pour sensibiliser les Haitiens aux aléas sismiques.

D’autres préoccupations

« Je suis très préoccupé par la menace d’un tremblement de terre. D’autant que j’ai l’impression que l’Etat ne prend pas les mesures de prévention qu’il faut », déplore le sénateur de l’Ouest, Steven Y. Benoît. Comme Benoît, le sénateur du Nord, Wesner Polycarpe, n’est pas mis au parfum. « Je ne suis au courant de rien et je n’ai rien entendu aussi en termes de prévention et de prise en charge des victimes en cas de séisme », avance Polycarpe, très critique envers les autorités de l’exécutif qu’il accuse de « laxisme » et de « négligence ». « La société civile capoise est très préoccupée par cette menace », enchaîne le sénateur, qui croit que la Protection civile devrait poursuivre la formation de 200 jeunes volontaires prêts à aider en cas de catastrophe.

La Protection civile agit

Si le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Thierry Mayard-Paul, n’a pas répondu à deux sollicitations d’interview notées par sa secrétaire il y a plus d’une semaine, une source à la Protection civile souligne que les autorités agissent. Il y a des procédures d’opération standard intégrant le Semanah, le Centre national de météorologie (CNM) et le Bureau des mines et de l’énergie (BME) pour chaque menace spécifique. En cas de tremblement de terre et de tsunami, le BME lancera l’alerte au tsunami, indique cette source. « Une marégraphe a été installée dans la baie du Cap-Haïtien », révèle-t-elle. En cas de tsunami régional, la structure de protection civile communale et les volontaires s’activeront pour venir en aide à la population. Il y a plus d’un an, le Système de gestion des risques et des désastres avait organisé au Cap-Haïtien la campagne « Kouri ka sove lavi w ». En octobre prochain, le système envisage d’organiser un exercice de simulation avec les autorités locales afin de tester la diffusion d’informations, les mécanismes d’évacuation vers des zones de rassemblement sûres préalablement identifiées sur des cartes de microzonage, confie cette source, incapable de dire cependant combien de sapeurs-pompiers, de médecins, d’infirmières…sont mobilisables dans le Nord en cas de séisme et de tsunami.

Selon une source hospitalière, c’est la précarité dans le Nord.« Il y a une limitation en termes de réponse. On aura besoin d’un appui important d’autres partenaires comme la PNH, la Minustah, la Protection civile, la Croix-Rouge, le Système des Nations unies pour prendre en charge des cas d’urgence médico-chirurgicale, si le Nord est frappé par un tremblement de terre »,  selon un ex-haut cadre du MSSP. Le Nord dispose seulement de 2 orthopédistes et de 4 chirurgiens.  S’il y a une catastrophe, on devra faire appel à d’autres spécialistes pour venir en renfort,  avait-il souligné,  priant pour que les installations sanitaires,  dont l’hôpital Justinien et l’hôpital de Milot,  ne soient pas affectées et rendues inutilisables en cas de séisme majeur.

Dans l’Ouest, le docteur Philippe Desmangles, responsable des urgences nationales et directeur du Centre ambulancier national, indique qu’il faut d’abord survivre. « Il faut être vivant. Après, on se débrouillera avec les moyens du bord », souligne-t-il, rappelant qu’Haïti est un pays sous-développé disposant de peu de moyens pour faire des prépositionnements de médicaments par exemple. Cependant, Philippe Desmangles assure que la centaine de membres du Centre ambulancier, qui dispose de 30 ambulances et de 5 fourgonnettes, seront mis à la disposition de la population.

En termes de ressources humaines formées, Desmangles affirme qu’il ne dispose actuellement d’aucun urgentiste. 12 urgentistes devront être formés bientôt à l’étranger grâce au support de la France,  mais l’idéal serait d’avoir une résidence hospitalière pour les urgentistes. On aurait de ce fait plus d’urgentistes à long terme pour pendre le relais, précise le docteur Philippe Desmangles.

On s’en remet à Dieu

Alors que la précarité en termes de prise en charge postséisme est patente, on se tourne vers Dieu. « Je remets mon sort et celui de ma famille à Dieu », soupire Chantale Donestaire, une Capoise proche de la trentaine, qui était à Port-au-Prince le mardi 12 janvier 2010.

Comme Chantale, d’autres s’en remettent à la Providence. « Je ne voudrais jamais revivre cela », confie Jean André, 19 ans, survivant de ce mardi noir ayant emporté dans l’au-delà plus de 200 000 personnes, selon le bilan officiel des autorités haïtiennes, obligées de lancer des appels à l’aide aux pays voisins. « Il n’y a pas de raison de paniquer. Le tremblement de terre n’est pas une fatalité, il faut se préparer », conseille Claude Prépetit.

Roberson Alphonse ralphonse@lenouvelliste.com Source Le Nouvelliste

Haïti-Agression sexuelle : Une réalité particulière au Plateau central

6 juillet, 2012
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Haïti-Agression sexuelle : Une réalité particulière au Plateau central dans Alerte ViolDe jeunes hommes se seraient donne pour mission de traquer les jeunes femmes revenant de soirées dans le Plateau central, dénonce la direction departementale de la police nationale d’ Haïti (Pnh).

« Je ne peux pas comprendre ce qui leur prend. Ces jeunes garçons… se donnent comme mission de traquer toutes les filles qu’ils trouvent sur leur passage. Nous avons déjà procédé à des arrestations, mais c’est à la justice de faire son travail », souligne Ernst Dumont, directeur départemental de la police nationale du Centre.

Tout en espérant une participation pleine et entière des mères et pères de famille des victimes, la police departementale affirme être déterminée à faire échec à ces cas de violeurs, voire de prédateurs sexuels.

Les personnes, jusqu’ici reconnues coupables de viols dans le département du Plateau central, sont, pour la plupart, de jeunes hommes de 16 à 20 ans,

Du 1er janvier au 1er juillet 2012, plus de 50 cas de viols ont été signalés.

Ces données statistiques représenteraient une mince estimation de la quantité de cas de viols enregistres dans le département, au regard des tentatives de négociation entre les familles des femmes et filles violées et les agresseurs sexuels, estiment les observateurs.

Même les fillettes de 3 à 5 ans ne sont pas épargnées de viols, déclare le substitut du commissaire du gouvernement près le parquet de Hinche, Moléon Richard.

« On aurait pu avoir beaucoup plus de violeurs ou de délinquants en prison si les personnes victimes coopéraient avec la justice. Nombre de parents préfèrent négocier avec les agresseurs, au lieu de porter plainte », déplore Richard.

Les autorités judiciaires dans le Plateau Central s’alarment des ententes, passées entre les présumés agresseurs et les familles des femmes et filles violées.

Au lieu de porter plainte, les victimes de viols ou leurs familles préféreraient négocier avec les présumés agresseurs… (cf. http://www.alterpresse.org/spip.php…)

Richard en profite pour rappeler aux victimes de viols leur droit de porter plainte et de se faire examiner par un médecin qui leur délivrera un certificat médical, document qui pourrait servir de preuve pour les suites légales.

[ro kft rc apr 05/07/2012 11:00]

Attention aux maisons que vous achetez ou louez à Port-au-Prince!

20 juin, 2012
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Attention aux maisons que vous achetez ou louez à Port-au-Prince! dans AlerteLe tremblement de terre du 12 janvier 2012 a causé en Haïti des dégâts dont l’estimation ne pourra jamais être justement établie.

 29 mois après, les séquelles de cette gigantesque catastrophe naturelle sont encore visibles dans presque toutes les rues de la Capitale haïtienne.

Les travaux de reconstruction des bâtiments publics tardent à démarrer. Malgré les vastes opérations de relocalisation des victimes, bon nombre de personnes vivent encore sous des tentes où la chaleur estivale bat son plein.

Le séisme du 12 janvier a fait beaucoup de victimes. Et certains citoyens mal intentionnés semblent vouloir  Reconstruction d'Haiti dans Alertepérenniser les affres de ce cataclysme en prenant le vilain plaisir de réparer superficiellement des maisons à démolir aux fins de les revendre ou louer à des pauvres gens qui ne savent pas dans quel état se trouvaient ces maisons suite au séisme.

Quelqu’un qui veut acheter ou louer une maison à Port-au-Prince doit nécessairement prendre le temps de s’enquérir des conditions dans lesquelles elle a été réparée suite aux dommages du tremblement de terre.

Après de superficielles réparations dolosives, certaines maisons paraissent bien neuves. Cependant elles ne sont que de châteaux de cartes qui s’effondraient à la première secousse en cas d’un nouveau tremblement de terre en Haïti.

Le laxisme des autorités ayant la charge de veiller au respect des normes de construction va si loin que des individus parviennent aisément à réparer en dehors des normes de construction des maisons à démolir. Cela constitue un danger énorme auquel les personnes désirant acheter ou louer une maison à Port-au-Prince doivent sérieusement faire attention.

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